très chère rentrée des classes,

il n’y a pas à dire, j’apprécie considérablement ces rendez-vous annuels qu’on se donne depuis mes deux, trois ans. C’est un rituel, une tradition à laquelle ni toi, ni moi, n’avons jamais dérogé. En France, nous sommes près de quinze millions, de la maternelle au supérieur, à remplir nos cartables pour la grande occasion. Mais même si la seule pensée de l’élévation intellectuelle que tu nous promets emplit nos âmes d’un indicible bonheur, il me faut aujourd’hui t’avouer que la seule idée de notre rendez-vous nuit gravement au compte en banque de papa et maman.

Cette année encore, pour citer papa, tu nous refais le coup et c’est nous qui trinquons : il serait temps que nous partagions l’addition. Maman aimerait savoir si le fait que le rouleau de ruban adhésif soit muni d’un dévidoir m’aidera à mieux comprendre les dérivées de fonctions affines. Je ne sais pas… je lui réponds quoi ? Les chambres d’étudiants coûtent une fortune, tu sais, et Léo cumule cinq boulots pour pouvoir se loger sur le campus. Ca ne lui laisse pas beaucoup de temps pour la nourriture de l’esprit, et nous craignons tous qu’il finisse, un jour, par mourir de faim. Oh ma chère rentrée, ma précieuse école, tout cela est-il vraiment nécessaire ? Ces sorties onéreuses à l’Opéra Garnier, ces cahiers de musique dont on ne remplira jamais plus de huit pages, ces cartables et ces trousses qui ne durent jamais plus d’une année…

Très chère rentrée des classes, aujourd’hui, Curiosphere.tv a mis en ligne un dossier sur le coût de la rentrée scolaire. Je vois les chiffres et me demande si tout ça vaut vraiment le… le coût.

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