cinéma : on a vu « Monsieur Lazhar » et, tout ému, on a su…

…qu’on allait devenir instit. Peut-être pas tout de suite, mais un jour.

Je faisais gagner sur ce blog, des places pour aller voir, au cinéma, « Monsieur Lazhar ». A ce propos, voici les réponses du jeu-concours : Il s’agit d’un film canadien, et, selon son réalisateur Philippe Falardeau, l’enseignement est « un acte de résistance ». Et pour esukudu, combien de fois faut-il que je vous dise que cela signifie « école » dans ce dialecte que je ne parle pas ?

Bien entendu, je suis moi-même allée voir « Monsieur Lazhar » sur grand écran. Connaissant Fellag, je m’attendais plus à rire qu’à pleurer. Erreur. J’ai été attendrie aux larmes par un récit juste et beau, par ces douleurs qu’on garde pour soi, par la bravoure stoïque de tous ces personnages qui affrontent la vie avec une étonnante maturité.

A croire qu’ils ont tous été à l’école d’Epictète, tous, aussi bien ce Bachir Lazhar (Mohammed Fellag), professeur immigré qui vient de perdre toute sa famille dans un attentat en Algérie, que ce petit Simon qui a découvert le corps sans vie de sa gentille maîtresse pendu à un foulard au beau milieu de la classe, ou encore cette jolie Alice (Sophie Nélisse) traumatisée qui grandit avec une babysitter loin de sa mère pilote d’avion…

Et aucun gémissement, aucune complainte, des sourires tenaces et l’indubitable envie d’aller de l’avant. Pourtant, Bachir veut dire « bonne nouvelle » et Lazhar signifie « chance ». Mais ils n’ont pas l’air si chanceux avec tout ce qui leur arrive… C’est drôle, la gentille maîtresse qui s’est pendue avec son foulard s’appelait « Martine Lachance », elle aussi. La chance, finalement, c’est peut-être de pouvoir aller à l’école ; ou d’être simplement en vie, d’être celui qui aura échappé à la mort… ça sera mon point de vue.

Monsieur Lazhar (Fellag) et Abdelmalek (Seddik Benslimane)

Et il y a aussi tout un tas d’autres personnages tous aussi attachants les uns que les autres : Abdelmalek (Seddik Benslimane), le petit Arabe taquin aux yeux rieurs, est mon chouchou. Déjà un grand acteur. Sa maman dit que ça existe encore, les adjectifs possessifs, alors que tout le monde sait que c’est démodé, ça : maintenant, on parle de déterminants possessifs. Arrivé au Québec à l’âge de cinq ans, il est le seul immigré maghrébin de la classe, une sorte de trait d’union entre Bachir Lazhar et le Canada. Le gros Vic (Vincent Millard) qui a la carrure d’une petite brute, se laisse gentiment malmener par Simon. Le surveillant et professeur de sport un peu lourd…

Simon (Emilien Néron) et Alice (Sophie Nélisse), une amitié qui se passe de mots

Tous ces personnages ont quelque chose de pur, d’humain, de crédible, de vrai. C’est pour ça qu’on s’attache à eux. Ce n’est peut-être pas un film inspiré d’une histoire vraie, mais c’est véritablement une histoire vraie, avec des personnages sincères, inspirés de la vraie vie… je n’en vois pas souvent, malheureusement, et c’est ce qui m’a touchée dans cette comédie dramatique. « Monsieur Lazhar » est un film où vous rirez, les yeux embués de larmes, je vous le promets. Et peut-être, comme moi, vous aurez envie de devenir instituteur…

« Le loup et l’agneau »

Sophie Nélisse, dans le rôle d’Alice, une jeune actrice qui a de l’avenir

La photo de classe – Les élèves ont choisi de remplacer « Cheeeese » par « Bachiiiir ». Adorable.

Le film « Monsieur Lazhar » est nominé aux Oscars 2012 dans la catégorie « Meilleur Film Etranger ». Rien que ça.

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