livres : on a lu « Au tableau ! » et, tout ému, on s’est souvenu…

…de nos jours heureux d’écoliers. Il est né en 1887 à Budapest (Hongrie), je suis née en 1987 à Douala (Cameroun). Et pourtant, en dévorant son livre « Au Tableau« , j’ai eu comme une impression que nous avions eu la même enfance !

Frigyes Karinthy est, pour moi, une très heureuse découverte, je vais vous dire pourquoi. Je passais, dimanche dernier, devant une librairie peu commune, Cambourakis, qui publie et commercialise ses propres livres. Elle se cache timidement (même si de rouge vêtue) dans la très discrète rue Voltaire à Paris 11ème, non loin de Nation. En ma qualité de détective des tendances éducatives, je n’ai pas manqué d’être interpellée par un petit livre bleu marine et son dessin de marelle, qui titrait : « AU TABLEAU ! » Le lendemain, alors que la librairie rouvrait ses portes, je déversais quelques pièces de 2 euros sur le bureau d’un monsieur et le petit livre était mien. Je dis bien sur le bureau, car si vous poussez la porte de la librairie Cambourakis, vous tombez sur un open space, avec des bureaux, des dossiers, des ordinateurs et des gens assis devant.

Voilà comment j’ai fait la rencontre de Frigyes Karinthy, illustre écrivain hongrois. La quatrième de couverture dit de son oeuvre qu’elle « réflète l’extrême sagacité de son regard, une soif insatiable de connaissances et un goût inaltérable pour le rire. » Voilà précisément ce que j’ai retenu. Le rire. Car j’ai poussé de sincères éclats de rires dans le RER, en l’écoutant dépeindre le bon élève qui a ses private jokes avec le prof, le dernier de la classe qui prend bien le temps d’aller chercher la craie à l’autre bout du tableau, de peaufiner la queue de son « o » en espérant qu’un miracle surviendra et que la bonne réponse lui viendra comme un éclair de génie…ou que la sonnerie retentira. J’ai ri, en opinant de la tête devant toutes ces descriptions : les facéties de la récréation, les façons audacieuses de justifier son mauvais bulletin, s’imaginer roi du monde encore méconnu… J’étais d’accord avec tout ça, c’était moi. Les souvenirs étaient les mêmes, les émotions aussi… je partageais tout ça.

Sans doute les partagerez-vous aussi, quels que soient le pays ou l’époque où vous avez grandi. Ce doit être ce qui fait la grandeur de ce livre, l’impression d’avoir tous été à la même école.

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