théâtre : on a vu « la salle des profs » parce qu’après tout…

esukudu_salle_profs_theatre…on ne va quand même pas attendre d’être prof pour savoir ce qui s’y trame ! La pièce se joue encore au Théâtre Le Brady, à Paris. Samia Webre qui l’a mise en scène, a installé un décor boisé marron clair, une table centrale, des placards à boxes, des posters syndicalistes accrochés aux murs, plus un mot du recteur, sans doute. Quand nous sommes entrés dans la salle du théâtre, elle était déjà là, devant nous : la salle des profs.

« Tiens, le décor est mis. C’est exactement comme ça qu’elle est, la nôtre« , a dit une voix féminine derrière moi, tandis qu’on attendait l’ouvreuse. J’ai supposé que les huit personnes avec qui elle était venue étaient ses collègues de l’Education Nationale. Normalement, me suis-je dit, si on est prof, on doit se sentir tout de suite en terrain familier, on devrait même être bluffé par la justesse du décor et, peut-être aussi des dialogues, tiens. J’attendais de voir.

J’ai plutôt entendu. Les professeurs riaient à gorge déployée – ce qui m’arriva plus rarement, une fois ou deux.

La pièce commence à la rentrée. Edith Boucher (Marie Lanchas), a déjà du courrier. On lui a confié la classe de 4ème 4, avec ses jeunes délinquants revenant de prison (tout le monde n’a pas la chance de passer l’été à Arcachon). Edith est une prof d’anglais qui se saigne pour faire grandir ses élèves, se tue à la tâche pour leur offrir un contenu pédagogique de qualité. Fan de Dallas en manque de reconnaissance, elle impose le silence par son humeur de chien et son haleine de chacal. Cette année, elle va prendre sous son aile Sarah Dorin (Florence Massonneau), une stagiaire en attente de titularisation. Ca se voit que Sarah vient d’arriver ; la pauvre petite, elle aspire encore naïvement à la fonction de professeure. Elle est enthousiaste à l’idée de rencontrer ses élèves, et elle est même de bonne humeur à la rentrée !

« Monsieur, on fait quoi pour être prof ? – Une erreur » 

Sarah est ingénue ; le jour de grève, elle s’étonne : « Vous faites grève en fonction des heures de cours ? Pas des revendications ? » Et ça fait rire Edith, mais aussi Eric Brunel (Pascal Provost), le prof d’EPS, chouchou de la directrice, prompt au travestissement.

Bon. Nul besoin d’être enseignant pour passer un bon moment devant cette pièce ô combien sympathique. Je suis, hélas, restée sur ma faim, ayant trouvé la pièce légère et simpliste, telle une galette de pain azyme sans sel, que l’on déguste tout de même, parce qu’elle a le mérite de croustiller. Même si j’ai trouvé tout cela peu captivant, j’ai toutefois poussé des gloussements sincères aux blagues éparses qui, ça et là, meublaient les changements de décor.  J’ai ri en écoutant les appréciations incisives laissées par Edith sur les copies (« Ta copie vaut 13, mais je t’ai mis 12 pour ne pas te porter malheur« ) et les bulletins (« Participe activement à la bonne ambiance de la classe, se retourne parfois pour regarder le tableau ! ») de ses élèves.

Quelle folie tout ça ! Et Sarah, la pauvre stagiaire, de vite perdre de son entrain et de dire, lasse et désabusée :

« On ne s’habitue jamais. C’est même pire avec le temps. Moi, tout ce que je voulais, c’était enseigner, c’est tout ! »

 

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