états-unis : le réseau éducatif LGBT qui trans-forme l’école

Logo du GLSEN

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En 1990, un petit groupe d’enseignants du Massachussets s’est réuni autour d’un projet militant : celui de transformer un système éducatif qui discrimine les élèves homosexuels, les bisexuels, les transgenres, et où ceux-ci sont constamment l’objet d’agressions, de persécutions, d’humiliations et d’injustices en tous genres. Ce groupe, c’est le GLSEN et en vingt ans, il est devenu le plus grand réseau éducatif américain à lutter contre le harcèlement homophobe à l’école. Avec le temps, les avancées technologiques et l’évolution des législations, il doit faire face à de nouveaux défis.

Le GLSEN mène son combat à travers tous les Etats-Unis, en frappant aux portes du Congrès, du ministère de l’éducation, des districts et des écoles. Il y intervient avec sa documentation propre qui est le fruit de ses recherches, travaille conjointement avec les grands décideurs et les plus importantes associations éducatives du pays. Désormais lobby incontournable dans le milieu LGBT nord-américain, il vient de prendre sous son aile l’association TSR pour les droits des étudiants transgenres.

Transgender Students Rights (TSR) sera désormais intégré au GLSEN

Transgender Students Rights (TSR) sera désormais intégré au GLSEN

Transgender Students Rights, un meilleur environnement scolaires pour les transgenres et transexuels

L’association Transgender Students Rights est née en 2009, dans le but de faire de l’école un environnement sûr pour les élèves qui, comme Roscoe dans la série « House of Lies », se travestissent, pour ceux qui ont changé de sexe ou en ont l’intention. TSR lutte contre les mesures prises par certaines écoles qui considèrent l’attitude de ces élèves comme de la provocation (à l’instar de la directrice d’école de Roscoe qui, au nom des parents des autres élèves de l’école, choisit de se séparer d’un petit garçon qui n’a aucune honte de porter des vêtements de filles).

Roscoe Kaan (interprété par Donis Leonard Jr.) dans House of Lies

Roscoe Kaan (interprété par Donis Leonard Jr.) dans House of Lies

Refusés dans les meilleures écoles, discriminés toute leur vie par leurs camarades de classe et leurs enseignants, poussés au suicide dans les cours de récré comme sur les réseaux sociaux, les élèves LGBT ont grand besoin de porte-parole pour refaire l’éducation des acteurs de l’éducation !

Le 17 mai 2013, la France ayant adopté la loi Taubira pour la légalisation du mariage des couples de même sexe. Il ne faut pas y voir la fin d’un combat contre l’intolérance, mais le début d’un nouveau round, dont l’école serait le ring. Je vous invite à lire cet excellent article sur ce qui attend l’Education Nationale au lendemain de la Loi Taubira : L’Ecole sommée de découvrir l’homosexualité.

La France a-t-elle son GLSEN ?

A vrai dire, non. Certes, il y a SOS Homophobie, qui n’a le droit d’intervenir dans les écoles que depuis 2003 (une date qui me choque autant que lorsque j’ai appris au collège, que l’apartheid a été aboli en 1994). Mais ce n’est pas gagné, puisque face aux multiples poursuites de la  Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), SOS Homophobie s’est vu retirer en novembre 2012 son agrément national de cinq ans, pour intervenir en milieu scolaire. Ledit agrément a été renouvelé en mai dernier (loi Taubira, journée internationale de la lutte contre l’homophobie) pour une durée de cinq ans.

En France comme aux Etats-Unis, pays de libertés, il y a un travail conséquent à faire, d’évolution de mentalités, de dépassement des dispositions. Que dire alors du Cameroun qui condamne pénalement l’homosexualité, affiche en première du journal une liste de ministres et hommes d’affaires soupçonnés d’être « bilingues » (entendre par là, d’avoir déjà eu l’occasion d’embrasser deux types de langues) ? Que dire de ce pays où les lesbiennes se font violer par les geôliers qui, dans leur grande aménité, veulent seulement les ramener sur le droit chemin ? Que dire de ce pays où je compte instituer mon école ?

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