pologne : imposer à l’enseignant ce que l’élève doit savoir et non ce que l’enseignant doit lui apprendre

Monsieur Lazhar

Fellag, enseignant dans le film Monsieur Lazhar

Un ami me disait l’autre jour : « Certains étudiants camerounais ont bien du mal avec les études en Allemagne, parce qu’au début de l’année, on leur dit : ‘Voici les cours qu’on propose dans cet établissement : pour obtenir le diplôme, vous devez en valider x. Vous pouvez choisir les cours que vous voulez, vous y rendre quand vous voulez, les aborder dans l’ordre que vous voulez, en un an, cinq ans, dix ans, c’est vous qui voyez.‘ Ils ont passé toute leur vie dans un système où on leur imposait les jours où il fallait être en cours, ceux où ils devaient se présenter aux examens… Et ils se retrouvent tout à coup dans un système où ils sont libres de gérer leur emploi de temps étudiant comme ils l’entendent. »

En Pologne, ce n’est pas tout à fait la même chose, mais ça y ressemble. Plutôt qu’imposer aux enseignants un programme pédagogique de matières et règles à apprendre aux élèves au fil de l’année (comme on le fait en France et au Cameroun, par exemple), on a instauré depuis le début des années 2000 des réformes mettant en avant un « socle commun de connaissances et de compétences » que chaque élève doit acquérir, à son rythme, certes, mais dans un délai donné (l’année scolaire). L’enseignant s’offre ainsi la liberté d’adapter sa leçon et sa façon de transmettre telle connaissance ou telle compétence à telle ou tel élève. Les programmes sont ainsi allégés, et les élèves, dotés d’un esprit encyclopédique.

Plutôt que de chercher à tout prix à ce que les élèves sachent tout sur tout dans toutes les matières, quitte en à perdre la moitié de la classe en chemin, les Polonais ont choisi de s’assurer que les élèves maitrisent l‘essentiel de tout.

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