québec : « tu es le meilleur », la formule magique de la réussite scolaire

esukudu quebec confiance en soi ecoleIl y a au Québec une idée que les systèmes éducatifs du monde gagneraient à exploiter : en répétant aux élèves à quel point ils sont bons, en leur rappelant sans cesse l’immensité de leur potentiel, en les encourageant à montrer ce dont ils sont capables, on finit par les amener à faire ce qu’on ne les croyait pas capables de faire, on les conditionne au surpassement de soi et à une confiance en soi aux vertus insoupçonnées. L’effet Pygmalion dans toute sa splendeur !

Au cours de l’année scolaire, les élèves québécois reçoivent des signes d’encouragement non-négligeables qui boostent leur confiance en soi : des progrès notables à la dernière rédaction ? Voici un mini-diplôme en carton en guise de récompense. L’élève s’est-il montré particulièrement amical, ce trimestre ? Voici un certificat de camaraderie. C’est ainsi qu’on célèbre les moindres progrès scolaires, ainsi que les performances sportives et non-académiques comme des mini-victoires. Le mur de la chambre est couvert de tellement de diplômes et médailles que l’élève y croit et met tout en œuvre pour continuer à les mériter. « Il ne savait pas que c’était impossible, alors il l’a fait ».

L’historienne et auteure transsexuelle Jan Morris enseigne (pour ainsi dire) dans son mémoire (Conundrum, 1974) la notion d’impuissance apprise (« learned helplessness ») :

« Plus j’étais traitée comme une femme, plus je devenais femme. Je m’adaptais bon gré mal gré. Si j’étais censée être incapable de faire des marches arrière ou d’ouvrir des bouteilles, je sentais, étrangement, que je devenais incompétente. »

Si l’impuissance apprise est possible, la puissance apprise l’est tout autant !

 

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