picaschola, une appli musicale pour devenir bilingue dès la maternelle

« I am red! I am red! Hello, hello, hello, hello, I am red! » Voici la chanson qui m’est restée dans la tête (et dans celle de mon entourage) tout au long des dix jours qui ont suivi ma découverte de l’application Picaschola. Sa créatrice, Diane Durand, qui doit écouter ces chansons H24 (« Mon fils les chante, je travaille dessus, mes élèves les chantent, je rêve des chansons Mélopie… ») a bien voulu répondre à nos questions. Elle nous apprend la généalogie du projet, et nous initie à la méthode Mélopie qui sous-tend cette application ludique dédiée aux enfants à partir de 2 ans. Picaschola est simple d’usage et fait appel à des méthodes a priori évidentes, tel un livre si bien travaillé qu’on est sûr qu’on aurait pu l’écrire soi-même, et pourtant… 

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esukudu : Diane Durand, quel besoin à motivé la création de cette application ?

 

Diane Durand : J’ai toujours envié ces jeunes enfants parfaitement bilingues parce que papa parle une langue et maman en parle une autre. Malheureusement, bien que mon mari et moi-même nous débrouillions en anglais, notre niveau n’était pas suffisant pour rendre nos enfants bilingues. Pourtant, c’est au moment où l’enfant apprend sa langue maternelle qu’il faut introduire une autre langue pour que l’apprentissage soit le plus efficace possible. Savez-vous que notre palais s’adapte aux sons de notre langage ? Ainsi, un enfant ayant appris à parler anglais très tôt pourra bien plus facilement avoir un bon accent car son palais y sera adapté. Avant 3 ans, il est difficile d’inscrire son enfant à un cours. Écouter les dessins animés en anglais ne faisait pas beaucoup avancer le schmilblick non plus. Alors, nous nous sommes lancés sur des applications pour toutes les possibilités interactives qu’elles offrent.

 

esukudu : Quelles sont vos convictions et vos idéaux dans le domaine pédagogique ?

 

D.D. : Je suis maman de deux enfants (qui ont 2 ans et demi et un an et demi aujourd’hui) et professeure de piano pour les 3-8 ans. Ma passion, c’est d’observer l’enfant et de déceler ce qu’il n’a pas compris (car à 3 ans, un enfant ne vous dira jamais qu’il n’a pas compris). Ensuite, j’aime trouver LE jeu qui lui permettra de comprendre la notion en question. L’éducation est une science, c’est trouver l’équilibre parfait entre le jeu et l’apprentissage pour que l’enfant ne soit jamais rassasié de connaissance. Picaschola est le fruit de ces observations, de ces idées, de cette science.
Contrairement à ce qui est fait – en tout cas en France actuellement – nos enfants pourraient apprendre bien plus de choses en maternelle que ce qui est vu à l’école. Je souhaiterais combler ce manque pour mes enfants et les enfants des autres.

 

esukudu : De quelle méthode s’inspire Picaschola ?
D.D. : Picaschola est inspirée des méthodes Mélopie. On y retrouve ses chansons, les dessins ont été modernisés, les jeux et le cadre de la classe y ont été ajoutés. D’ailleurs, l’application Picaschola et les méthodes papiers Mélopie se complètent. Comme on le voit dans les avis laissés sur l’App Store Android et Apple, nos élèves l’ont déjà adoptée !
« Mon fils n’avait pas 3 ans lorsqu’il a commencé la méthode de musique avec Mélopie. Il a tout de suite adoré. Il souhaite pratiquer uniquement cette activité, il est en cours de 3ème année et c’est toujours le même engouement. Il est en train de tester cette application et m’a l’air très intéressé. J’ai toute confiance en Mélopie »de Aless71

esukudu : Pourriez-vous nous en dire plus sur la méthode Mélopie ? 

D.D : En 1984, ma mère, Barbara Durand, née Jurewicz, créait une école de musique à Paris. Elle avait commencé à apprendre le piano à l’âge de 4 ans, et avait été marquée par la méthodologie de sa professeure qui, au lieu de lui parler de notes, lui faisait imaginer des oiseaux se déplaçant sur des lignes en chantant. Onze ans plus tard, alors que j’avais huit ans, j’ai été immobilisée pendant un an suite à un accident de voiture. Afin que je maintienne une activité intellectuelle, ma mère a eu l’idée d’adapter sa pédagogie musicale pour me faire apprendre l’anglais ! Voilà comment est née la méthode Mélopie pour l’anglais. Il s’agit donc d’une entreprise familiale dont mon père a été le génie marketing jusqu’à son décès en 2003.

esukudu-melopiePuis en 2010, ma mère nous a annoncé qu’elle souhaitait arrêter l’aventure Mélopie. C’était un choc pour moi, qui avais grandi avec cette méthode ! Dans les méthodes, il y a les personnages de Sullivan (méthode MUS1), de Rémi, Sidney et Diane (méthode MUS3) : ce sont mes trois frères et moi-même que ma mère a immortalisés. Enfants, nous aidions nos parents à faire des mailings postaux (vu que les e-mails n’existaient pas). Adolescente, j’ai travaillé comme assistante professeure et j’ai suivi toutes les formations marionnettes dédiées aux professeurs. J’ai donc quitté mon emploi de database manager pour une application iPhone et repris les rennes de la compagnie.

esukudu : Et vous avez créé Picaschola. Quelles sont les ambitions de cette application ?

 

D.D. : Comme je l’ai dit précédemment, je trouve que les capacités d’un enfant de 3 ans ne sont pas suffisamment exploitées à l’école. Notre application Picaschola est adaptée aux enfants de cet âge et pourtant elle contient plus que le programme de CP !
Mon but est d’intégrer Picaschola dans les écoles. D’ailleurs, Picaschola signifie l’école (« schola ») de la pie (« pica ») en latin. Nos applications ne sont pas plus chères qu’un livre d’école, elles pèsent moins lourd dans le cartable, elles sauvent de nombreux arbres et elles permettent à l’enfant de faire ses devoirs avec grand plaisir ! Avec les tableaux numériques interactifs [ndlr: Lire « Le français n’a pas dit son dernier mot« ] qui pénètrent de plus en plus les écoles, ce seraient tout à fait possible ! Après tout, presque toutes nos applications se passent devant un tableau noir !
Nous avons sorti la première leçon Picaschola, les leçons 2 à 4 sont presque prêtes et vont voir le jour d’ici peu. Au total, il y en aura 72 et elles permettront aux enfants d’apprendre plus de 600 mots (des objets, des verbes, le présent, le passé, le futur, des adjectifs, etc.). Avec cette base, les enfants peuvent s’exprimer en anglais sur tous les sujets déjà à leur portée dans leur langue maternelle !
esukudu : En quoi votre méthode est-elle innovante ?
D.D. : Aujourd’hui, il n’existe pas encore – à ma connaissance – de série d’applications. La plupart des applications éducatives sont indépendantes les unes des autres. Et pourtant, pour un bon apprentissage, la continuité et la progression sont indispensables. Nous proposons donc un format novateur qui s’adapte d’autant plus à un programme scolaire.
esukudu : Une anecdote à nous raconter ?
D.D. : Je parle moi-même anglais comme une vache espagnole, c’est bien pour cela qu’il me fallait une méthode qui me permettait d’apprendre l’anglais à mes enfants sans avoir besoin de prononcer moi-même les mots ! Moi, je suis douée pour créer des pédagogies, des techniques d’apprentissage. Pour ce qui est du bon accent anglais, j’ai toute confiance en la maitresse d’anglais qui a fait les enregistrements : Audrey Adam.
esukudu : Quelles sont les prochaines étapes de l’aventure Picaschola ?
esukudu-coloriage-picascholaD.D. : Je suis en train de développer des contenus complémentaires à notre application comme des coloriages. Ainsi les enfants peuvent continuer l’apprentissage de l’anglais même en dehors de la tablette. Si le succès est au rendez-vous, nous ne souhaitons pas nous limiter à l’apprentissage de l’anglais. Nous souhaiterions tout traduire. J’ai également une application pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture sur le feu, mais chut… ça c’est une surprise !

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