l’aventure mathématique et édupreneuriale de ‘la box éducative’

 esukudu_alexandre_masseAlexandre Masse est un étudiant de 21 ans. Originaire du nord de la France, il a fait sa prépa à Douai, où il a rencontré Gonzague Dujardin, avec qui il a intégré HEC en septembre 2014. La rencontre avec Victor Grenier-Boley, un autre élève de sa promotion, s’est faite sur le campus des Yvelines. Victor et Gonzague sont originaires de la région lilloise, et les trois jeunes hommes se sont rapprochés au cours de leurs allers-retours en covoiturage, entre les Yvelines et le Nord. C’est lors de ces voyages qu’ils se sont découvert un intérêt commun pour l’enseignement des mathématiques. Ils se sont alors associés pour monter leur propre « boîte » : La Box Educative.

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esukudu : En quoi consiste La Box Educative ?

Alexandre Masse : Gonzague, Victor et moi nous partageons un pool d’élèves du collège au lycée général, à qui nous faisons du soutien scolaire en mathématiques pendant toutes les vacances d’été. Nous avons constitué un cahier de vacances numérique : il s’agit d’un pack de 15 activités (compter deux heures par activité) pour permettre à l’élève de revoir et d’assimiler le programme des mathématiques de l’année scolaire qui vient de se terminer. Lorsque l’élève a des questions, il peut tout simplement les poser par mail à son professeur référent. Il n’y a aucun contact physique et aucun échange oral.

 

esukudu : Comment vous est venue cette idée ?

Alexandre Masse : Tous les trois, nous donnions déjà des cours particuliers de mathématiques quand nous étions en prépa. Et même entré à HEC, j’ai continué à enseigner les maths à des élèves de prépas. Au fil de nos discussions, nous avons réalisé qu’il y avait un gros besoin en mathématiques. Nous nous sommes alors demandé comment nous pourrions aider plus de monde avec ce que nous maîtrisons le mieux : les mathématiques.

 

esukudu : Ҫa fait environ 15-16 ans que vous faites des maths. En intégrant HEC, vous aviez enfin une occasion de ne plus jamais en faire, et vous ne l’avez pas saisie. Dois-je comprendre qu’en plus de maîtriser les mathématiques, vous les aimez aussi ?

esukudu_la_box_educative_A.M : Oui, j’aime bien, même si j’avoue qu’elles peuvent parfois paraître rébarbatives. Pour une raison que j’ignore, dès la classe de Quatrième, les élèves commencent à décrocher en maths. J’entends de nombreux parents dire : « Les maths, quelle horreur ! », pour eux, les mathématiques ne sont que de mauvais souvenirs.

Cédric Villani, le célèbre mathématicien français, a tenu une conférence sur le campus d’HEC, un soir de l’automne dernier. Il a notamment dit qu’il faut changer la façon négative dont les gens perçoivent les mathématiques, et ça commence par changer la façon de les enseigner aux élèves. Je pense qu’apporter du ludique et faire revoir les bases peuvent aider énormément d’enfants. Il faut essayer de changer les méthodes.

 

esukudu : Que pensez-vous de l’importance qu’ont les mathématiques dans le système éducatif français actuel ?

A.M. : C’est la matière qui est le plus au centre. Quand on regarde les filières considérées comme d’excellence en France, on remarque que ce sont celles où les mathématiques ont une place importante. On s’en rend compte dès le passage au lycée : dans le choix entre un lycée professionnel et un lycée général, ainsi que dans le choix entre les filières littéraire, scientifique et économique, ce sont souvent les maths qui sont discriminantes.

 

esukudu : Donc permettre à un élève de réussir les maths et, si possible, de les aimer, ça peut tout changer. Quel business model avez-vous mis en place, face à ce défi ?

A.M. : On a passé du temps à définir ce qu’on allait proposer. Beaucoup de sociétés proposent déjà des cours de maths en ligne, comme Hello Mentor. Il nous fallait une solution à moindre coût pour les familles comme pour nous. Les cours particuliers, c’est cher, encore plus quand ils sont faits par des étudiants de grandes écoles. De plus, ça prend beaucoup de temps aux élèves et aux professeurs. Il arrive que l’élève n’ait qu’une question à poser, pas besoin de passer une heure voire deux là-dessus en face à face : nous lui apportons l’explication par mail.

 

esukudu : Très souvent, c’est celui qui a compris qui pose des questions, pas celui qui est largué.

A.M. : Très souvent, celui qui est largué a peur de poser une question bête et de se ridiculiser devant toute la classe. Par mail, ça devient plus simple.

 

esukudu : Quelques mois seulement après votre entrée à HEC, vous voilà entrepreneurs. La preuve qu’on n’a pas besoin de faire HEC pour créer son entreprise.

A.M. : Être à HEC n’a pas manqué d’utilité. Nous avons intégré HEC en septembre 2014 et en janvier 2015, les statuts de La Box Educative étaient déposés. On n’a pas eu le temps d’acquérir tous les outils avant de se lancer, mais nous avons demandé des conseils aux professeurs de droit, notamment. Nous ne sommes pas passés par l’incubateur. De plus, dire que nous sommes des étudiants d’HEC, ça nous a aidé à contacter les journaux, à attirer l’attention des médias… C’est du travail, les relations presse !

 

esukudu : Justement, comment vous répartissez-vous le travail, entre associés ?

A.M. : Je suis responsable du site, Gonzague s’occupe plus de la technique et Victor de la communication, mais nous n’avons pas véritablement de rôle défini. Nous nous entraidons sur différentes choses, ça nous permet de toucher un peu à tout et d’apprendre.

 

De gauche à droite

De gauche à droite : Gonzague Dujardin, Alexandre Masse et Victor Grenier-Boley

esukudu : Qu’est-ce que cette aventure vous a permis d’apprendre, par exemple ?

A.M. : On a appris qu’on avait des charges avant d’avoir des revenus. On a payé le RSI alors qu’on n’avait pas encore gagné le moindre euro, et ce, malgré le fait qu’il y ait des allégements pour les jeunes entreprises !

 

esukudu : Imaginez ce que ça aurait été sans ces allègements ! En fait, plus tôt on se lance, mieux c’est. Vous auriez pu attendre, comme beaucoup d’HEC, la troisième et dernière année pour créer votre entreprise. Pourquoi vous être lancés si tôt ?

A.M. : Nous avons eu l’idée tôt, nous voulions le faire, nous l’avons fait. Et puis, nous sommes jeunes, nous ne risquons pas grand-chose.

 

esukudu : Il paraît que l’entrepreneuriat, c’est comme les tatouages : dès qu’on en a eu un, on en veut plus ! Vous avez déjà d’autres idées d’entreprises que vous aimeriez créer ?

A.M. : Ah non ! En tout cas, pas pour l’instant. Entre La Box Educative et mes études à HEC, je ne trouve plus beaucoup de temps ! Je pense que c’est le cas aussi de mes associés.

 

esukudu : Quelle vision à long terme avez-vous pour cette entreprise ?

A.M. : L’offre « Les maths en vacances » a été lancée en mi-mai, et une offre sur toute l’année scolaire sera proposée à la rentrée. Pour 25€ par mois (sur 10 mois), un élève pourra nous poser autant de questions qu’il le souhaite. Nous nous orienterons et élaborerons notre portefeuille d’activités en fonction des retours qu’on aura. Il est possible que nous recrutions plus d’enseignants, et même que nous étendions notre offre à d’autres matières que les mathématiques. Tout est possible, et c’est en partie pour cela que nous nous sommes appelés La Box Educative (et non La Box Mathématique).

 

esukudu : Le mot de la fin ?

A.M. : Réussite. Réussite pour nous, réussite pour nos élèves.

 

esukudu : C’est ce que je vous souhaite aussi. Merci Alexandre Masse de nous avoir accordé cette interview !

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