faire du sport pour mieux apprendre : ça marche !

Le sport est la meilleure chose qui me soit arrivée. Il faisait tellement chaud dans ma ville natale que je ne me serais jamais imaginée en faire ailleurs que dans une piscine. Mon problème était que je n’aimais que les piscines privées… En attendant d’en avoir une, je me suis donc mise au fitness, puis à la danse hip-hop, à la boxe et au cardio-training. Et les résultats n’ont pas tardé à m’impressionner : je ne tombe plus malade, j’ai un moral d’acier, un corps de rêve et j’ai l’impression « d’y voir plus clair », d’être plus efficace dans ma prise de décision, de comprendre plus vite. Je soupçonne le sport d’avoir accru mes capacités intellectuelles, cognitives et créatives. Et c’est le cas, comme nous le confirment certaines études !

Le sport, un médicament neurologique

esukudu-swimming-course-619088_1920La pratique sportive permet de diminuer la résistance à l’insuline, de réduire l’inflammation et de stimuler la libération de facteurs de croissance (substances organiques dans le cerveau qui influent sur la santé des cellules cérébrales, la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins dans le cerveau, et même l’abondance et la survie de nouvelles cellules cérébrales). De façon indirecte, faire de l’exercice améliore l’humeur et le sommeil, réduit le stress et l’anxiété qui sont autant de causes de déficience cognitive (relire notre article sur Éducation et Émotions). Plusieurs études ont démontré que les parties du cerveau en charge de la mémoire et de la connaissance (le cortex préfrontal et le cortex temporal médian) ont un volume plus grand chez les personnes qui font du sport que chez celles qui n’en font pas. Selon le Dr. Scott McGinnis, professeur de neurologie à Harvard : « Ce qui est encore plus fascinant, c’est de découvrir que s’engager dans un programme d’exercices physiques réguliers d’intensité modérée pendant plus de six mois ou un an, s’accompagne d’une augmentation en volume de ces régions cérébrales. »

La marche accroît les performances scolaires et la créativité

esukudu-children-414154_1920Bonne nouvelle : marcher suffit. Hippocrate l’a dit lui-même : « La marche est le meilleur remède de l’homme« . On ne vous oblige pas à vous lancer dans des 400 mètres haies pour mieux apprendre. Une étude a montré que les adolescentes qui se rendaient à l’école à pied en plus de 15 minutes avaient de meilleurs résultats scolaires que celles qui habitaient tout près de l’école ou qui venaient en bus. Cette étude a été menée de façon conjointe par l’Université de Grenade, l’Université Autonome de Madrid, l’Université de Saragosse et le Conseil National Espagnol de la Recherche de Madrid. Comme n’importe quelle autre, elle est à prendre avec des pincettes, vu qu’on imagine bien, par exemple, que les parents qui prennent soin du bien-être physique de leurs ados en les encourageant à se rendre à l’école à pied, sont aussi des parents qui font attention aux résultats scolaires de ces derniers et au cadre de vie à la maison.

Toutefois, on se souvient qu’Aristote déambulait dans les allées du Lycée en professant sa doctrine. C’est pourquoi on appelle péripatéticiens tous les partisans de la philosophie aristotélicienne. Montaigne avait fait construire une galerie attenant à sa bibliothèque pour poursuivre et nourrir sa réflexion en marchant. Quant à Steve Jobs, il était connu pour les réunions qu’il tenait en marchant (ces « walking meetings » sont désormais très en vogue dans la Silicon Valley). Il a, en effet, été démontré que la marche accroit la créativité car elle permet à l’esprit de voguer. L’étude a été menée par Marily Oppezzo, doctorante en psychologie éducationnelle à l’Université de Stanford et Daniel Schwartz, professeur à la Stanford Graduate School of Education. Elle montrait que c’était le simple fait de marcher, que ce soit à l’intérieur ou en plein air, qui accroissait de 60% la production créative.

Celui qui bouge, c’est celui qui apprend

Bonne nouvelle : bouger suffit. Pas besoin d’envoyer votre enfant traverser deux communes à pied pour se rendre à l’école. Selon le Boston Globe, la professeure de psychologie Susan Goldin-Meadow (Université de Chicago) a démontré que les enfants qui rencontraient des difficultés en mathématiques avaient de meilleurs résultats lorsqu’on les laissait gesticuler en réfléchissant. C’est de la même manière que les comédiens retiennent mieux leurs textes debout et en bougeant.

Mémoire et position du corps

esukudu-girl-67479_1920Autre bonne nouvelle : vous pouvez même rester immobile. Une autre étude conduite par Katinka Dijkstra (Dijkstra, K., Kaschak, M.P., & Zwaan, R.A. (2007). Body posture faciltates retrieval of autobiographical memories.) vise à montrer que la posture corporelle permet de faire revenir en mémoire certains souvenirs. Le simple fait de placer son corps dans une certaine position permet de se souvenir de plusieurs choses qui se sont déroulées pendant que l’on était dans cette position. En se penchant au-dessus d’un club de golf imaginaire, un joueur de golf se souviendra plus facilement d’une chose qu’il a entendue sur un green que s’il tentait de faire le même exercice de mémoire en pleine escalade du Mont Cameroun. Moralité : Se remettre dans la position dans laquelle on a acquis l’information aide à se rappeler cette dernière en mémoire.

Le cerveau a longtemps été considéré comme la tour de contrôle, le haut-lieu de notre intellect, mais ces recherches montrent bien qu’il ne travaille pas seul : le corps est là pour l’aider. Le Dr. Maria Montessori s’en était-elle rendue compte lorsqu’elle proposait systématiquement aux enfants handicapés d’apprendre la lecture, l’écriture et les mathématiques en manipulant des objets ?

 

Le croyez-vous ? Ces derniers temps, je fais tellement de sport que j’ai rédigé cet article en position debout, et ce, au cours d’une micro-sieste de six minutes.

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